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Droit au Savoir
Spécial électionsPoltronnerie électorale : Histoire d’une candidature unique peu loyaleDans cette fièvre électorale qui s’empare de la ville,
il est curieux de constater que la circonscription électorale
d’Aguerd Oudad (7) déroge à cette tendance de pluralité de
candidatures. Un pavé, en effet, dans la mare de bravoure et de fair-play
dans une compétition électorale qui se veut démocratique et loyale.
Pour comprendre, il faut d’abord savoir que la circonscription d’Aguerd
Oudad était représentée électoralement lors du mandant précédent en
la personne de Aziz Akhnouch. A tout seigneur (et notable), tout honneur.
Lorsqu’il s’est porté candidat lors des dernières élections municipales de
Tafraout, il menait compétition sans rival. Personne ne voulait et
n’osait entrer en lice avec lui. D’abord, par un certain respect dû
à un fils de la région pour préserver le « décorum traditionnel local »;
ensuite, parce que c’est peine perdue pour tout candidat concurrent. Tout
le monde savait pertinemment que le seigneur ratissera large. Et c’est le
même scénario de réticence chez les candidats et qui se répète lors de
cette échéance, tant les rumeurs confirment que le même candidat est
appelé à rempiler pour un deuxième mandat aux communales. Pour le
moment, rien ne permet d’infirmer sa probable candidature. Cependant, son
entourage a bien eu vent de son désistement in extremis.
L’information est relayée par certains membres de l’équipe municipale
sortante qui ont tout fait pour tromper l’opinion locale afin de
faciliter l’admission de l’un des leurs au conseil. Les nombreux jeunes
candidats qui convoitent les voix de cette circonscription si Akhnouch se
retire ne se doutent point de la mascarade! La machine de la rumeur
mensongère a magistralement maintenu l’opacité et la
discrétion. Au sein de l’administration concernée par les candidatures,
pour ceux qui sont dans les bonnes grâces de ses fonctionnaires pour
pouvoir être mis au secret de la chose, la vérité n’a pas filtré,
mais plutôt c’est le contraire qui est soutenu. Comme si des consignes
avaient été données. Car, paraît-il, il faut coûte que coûte sauver ce
pauvre élu sortant, donné outsider vu qu’il n’a aucune chance d’être
élu en raison de son passage au conseil désavoué par l’ensemble de
l’électorat. A midi moins quelques minutes, date butoir de dépôts de
candidatures, la conspiration du silence a écarté tous les rivaux et
a permis à l’heureux élu de présenter tranquillement sa
candidature pour un nouveau mandat dans cette circonscription, seul et
sans concurrent : Un succès certes, mais sans gloire!
Vendredi 05 Juin 2009 Driss Ouchagour Libération Spécial électionsPoltronnerie électorale : Histoire d’une candidature unique peu loyaleDans cette fièvre électorale qui s’empare de la ville,
il est curieux de constater que la circonscription électorale
d’Aguerd Oudad (7) déroge à cette tendance de pluralité de
candidatures. Un pavé, en effet, dans la mare de bravoure et de fair-play
dans une compétition électorale qui se veut démocratique et loyale.
Pour comprendre, il faut d’abord savoir que la circonscription d’Aguerd
Oudad était représentée électoralement lors du mandant précédent en
la personne de Aziz Akhnouch. A tout seigneur (et notable), tout honneur.
Lorsqu’il s’est porté candidat lors des dernières élections municipales de
Tafraout, il menait compétition sans rival. Personne ne voulait et
n’osait entrer en lice avec lui. D’abord, par un certain respect dû
à un fils de la région pour préserver le « décorum traditionnel local »;
ensuite, parce que c’est peine perdue pour tout candidat concurrent. Tout
le monde savait pertinemment que le seigneur ratissera large. Et c’est le
même scénario de réticence chez les candidats et qui se répète lors de
cette échéance, tant les rumeurs confirment que le même candidat est
appelé à rempiler pour un deuxième mandat aux communales. Pour le
moment, rien ne permet d’infirmer sa probable candidature. Cependant, son
entourage a bien eu vent de son désistement in extremis.
L’information est relayée par certains membres de l’équipe municipale
sortante qui ont tout fait pour tromper l’opinion locale afin de
faciliter l’admission de l’un des leurs au conseil. Les nombreux jeunes
candidats qui convoitent les voix de cette circonscription si Akhnouch se
retire ne se doutent point de la mascarade! La machine de la rumeur
mensongère a magistralement maintenu l’opacité et la
discrétion. Au sein de l’administration concernée par les candidatures,
pour ceux qui sont dans les bonnes grâces de ses fonctionnaires pour
pouvoir être mis au secret de la chose, la vérité n’a pas filtré,
mais plutôt c’est le contraire qui est soutenu. Comme si des consignes
avaient été données. Car, paraît-il, il faut coûte que coûte sauver ce
pauvre élu sortant, donné outsider vu qu’il n’a aucune chance d’être
élu en raison de son passage au conseil désavoué par l’ensemble de
l’électorat. A midi moins quelques minutes, date butoir de dépôts de
candidatures, la conspiration du silence a écarté tous les rivaux et
a permis à l’heureux élu de présenter tranquillement sa
candidature pour un nouveau mandat dans cette circonscription, seul et
sans concurrent : Un succès certes, mais sans gloire!
Vendredi 05 Juin 2009 Driss Ouchagour Libération fin des élections a TafraoutLes autorités locales se sont complues dans la neutralitéTafraout : coudées franches aux prévaricateurs des élections
Grave, grave! Ce qui s’est passé hier, jour du scrutin communal à
Tafraout, ne peut être assimilé qu’à un véritable coup de Jarnac
infligé à notre frileux processus de transition démocratique. Des
pratiques qui ont fait par le passé la triste notoriété de nos
scrutins, et que, à entendre le discours officiel, seront durement
punies, ont refait au contraire surface. La journée du 12 juin
s’apparentait à une kermesse où l’argent sale se coulait à flots et en
plein jour. Les candidats véreux tentaient de soudoyer leurs électeurs
afin d’aiguiller leurs votes. Toutes les débrouillardises sont
permises pour ce faire. Si certains ont opté pour le porte-à-porte en
recourant aux services de leurs acolytes pour arroser les électeurs,
d’autres, moins discrets, n’ont pas hésité à les inviter par
téléphone, sans vergogne, en plein public, à passer les « voir » dans
certains cafés de la ville avant de se rendre aux urnes. Comme ce
candidat élu, surpris la main dans le sac sur la terrasse d’un café du
centre-ville par son candidat concurrent, avant de changer de place.
Ceci au moment où d’autres acheteurs de conscience des électeurs
préfèrent leurs points de commerce afin de se livrer aux transactions
illégales. Il suffit de faire une virée à travers certaines grandes
avenues de la ville le jour du scrutin, pour se rendre compte que les
magasins de certains commerçants candidats aux élections ne
désemplissent pas. On a repéré des femmes et des jeunes se rendre en
groupes inhabituels dans ces locaux, qui nous ont confié avoir
encaissé des sommes avant de les voir mettre le cap sur les bureaux de
vote. Ce sont particulièrement les circonscriptions du centre-ville,
très convoitées, où les rivalités entre candidats sont acharnées, qui
sont les plus concernées par cet affligeant fléau. On cite Doulohêl,
Douar Reja Fellah, Imiyan, AdadI et II, Aguelagal, Aguerd Oudad, le
quarter administratif et dans une moindre mesure certains petits
village périphériques. Selon les dires des électeurs contactés par nos
soins, globalement, la voix est cédée entre 100 et 300dh au début du
vote. Avant d’accuser une petite hausse vers midi pour atteindre 400 dh
pour pousser les réfractaires –nombreux- à se rendre aux urnes. A ces
violations du code des élections, on ajoute le fait que le jour du
scrutin aussi, nous avons surpris certains candidats élus embarquer
dans leurs véhicules personnels ou empruntés des électeurs résidant
loin des urnes et les déposer près des bureaux de vote. Notamment dans
les villages de Doutalzought et Awssift. Pis, dans une circonscription,
durant toute la journée de vote, plusieurs fonctionnaires de la
municipalité sont repérés, pendant l’horaire de travail, rôder dans
les ruelles des villages, exhortant les électeurs à aller voter. Des
témoignages sur place affirment qu’ils les ont rencontrés à plusieurs
reprises dans de nombreuses circonscriptions en compagnie des
électeurs vers le bureau de vote, leur chuchotant les sigles à cocher
de certains candidats élus.
Devant cette situation, les autorités locales de la ville ont brillé par leur mutisme impressionnant à l’égard de cette panoplie d’entorses faites au règlement électoral, donnant lieu à une situation de non-droit où tout est permis. Les réclamations des candidats plaignants auprès du pachalik se sont heurtées à un mur d’indifférence. Dans le meilleur des cas, on leur promet une intervention incessante qui ne vient jamais. C’est que le pacha s’est calfeutré dans son bureau comme s’il ne voulait rien savoir ce qui se passe ailleurs. Les candidats livrés à eux-mêmes et en l’absence de l’autorité, montent la garde pour s’épier et se prendre en filature les uns les autres. Durant toute la nuit, la veille du scrutin, la distribution de l’argent aux électeurs a atteint son paroxysme. Si bien que des affrontements entre les candidats rivaux, parfois sanglants, ont failli dans certaines situations tourner à l’irréparable. C’est à se demander enfin si les discours qui nous sont tant ressassés à la veille de ce rendez- vous électoral sur la fermeté à l’encontre des contrevenants du code électoral ne relèvent que d’un laïus de circonstance destiné à la consommation médiatique! Lundi 15 Juin 2009
IDRISS OUCHAGOUR
Libération Campagne tous azimuts à TafraoutCampagne tous azimuts à Tafraout
Il est 16h30. Place Mohammed V, centre névralgique de la ville où
toutes les catégories d’électeurs en campagne marquent leur passage.
« Nrmi nrmi ghouli bedd, nra teghyir nra tghyir ». « On en a
ras-le-bol ! On en a ras-le-bol !, ce sont toujours les mêmes !
électeurs, mobilisons –nous pour le changement !», scandent en
tachelhit, Aïcha, une jeune étudiante de douar Reja Fellah, avant que
cette formule ne soit reprise par une centaine de jeunes, femmes et
enfants qui mènent campagne pour un parti en compétition pour les
communales dans la ville. De nombreux militants distribuant les
prospectus des autres partis politiques se succèdent. Mais, comme s’ils
s’étaient donné le mot, c’est bizarrement le même slogan exhortant les
électeurs à voter pour une alternative à l’équipe sortante qui est
ressassé par tous les militants des partis en lice ! « Nous ne
supportons plus qu’on soit encore trompés par les slogans
électoralistes de ce conseil qui a sévi pendant longtemps aux
commandes de la municipalité sans aucun bilan probant. Du coup, nous
incitons nos électeurs à sanctionner cette équipe indigne de notre
confiance », vocifère A.A, un candidat de la circonscription 8, tout en
distribuant aux passants des tracts-programme. Les griefs faits à la
gestion de l’équipe incriminée par l’ensemble de ces partis en lutte
sont légion. Pour C. K, un jeune candidat, le conseil partant ne s’est
jamais soucié des doléances et problèmes de proximité dont pâtissent
les habitants au quotidien plus que de ses propres intérêts. Le
témoignage d’une électrice du quartier administratif qui participe
activement à cette campagne, vient confirmer ce constat. « Notre
quartier sombre dans l’obscurité depuis plus de trois mois à cause de
la défectuosité d’un réverbère de l’éclairage public. On s’est plaint
auprès de notre élu. Il a préféré nous tourner le dos. Ce n’est qu’à
l’approche des élections qu’il a été réparé », s’exclame A.Z qui plaide
devant les électeurs pour une meilleure gestion des affaires
municipales. Pas plus loin, une autre jeune femme faisant campagne
pour un autre parti en compétition traverse la place à pas marqués en
dénonçant en chœur, les barons de la corruption électorale qui dénature
la volonté des élus.
« C’est le recours à l’argent sale pour se procurer les voix des citoyens pauvres et analphabètes qui a fait que le conseil municipal soit pris en otage par des arrivistes qui n’ont cure des habitants, mais qui ne demandent qu’à se sucrer et servir leurs intérêts», dénonce à haute voix un jeune candidat de la circonscription dite de Doulotêle. Pour cette jeune fille, vêtue aux couleurs de son parti, qui la soutient, cette situation a pour triste corollaire d’ exclure les élites et candidats honnêtes d’accéder aux commandes du conseil de la ville. « Voilà, ajoute-t-elle, pourquoi la ville rate depuis ses rendez-vous avec des équipes communales intègres et volontaristes à même de dégager une approche de développement local efficiente tant souhaitée par les Tafraoutis ». C’est vrai, lance sa sœur qui milite dans le même parti : « Il n’est plus à démontrer que le conseil sortant ne fait rien pour promouvoir la vocation touristique de la ville qui regorge pourtant d’atouts à mettre en valeur pour générer emplois et richesses au profit des habitants ; les lieux de loisirs et autres infrastructures sportives manquent affreusement et le seul terrain de foot existant croupit dans la dégradation faute d’entretien…... C’est à se demander comment ce conseil sortant osera encore solliciter des électeurs de lui réitérer leur confiance», s’étonne-t-elle. Et à un autre électeur brandissant le programme du candidat de son parti d’enchaîner en égrenant allègrement une série d’autres problèmes dans lesquels végète la ville depuis que cette «maudite équipe» sévit à la tête du conseil municipal. Il commence par clouer au pilori les faveurs octroyées aux acolytes des responsables au pouvoir à la municipalité, notamment au niveau de l’urbanisme. Pour lui, les constructions clandestines prolifèrent dans la ville et ses parages qui deviennent des chasses gardées de certains élus. D’autres électeurs constatent, dans la foulée, l’atermoiement quant à la production des documents administratifs des habitants et la propagation de la corruption dans les coulisses de plusieurs services. « C’est une nébuleuse corrompue qui s’écharne sur les pauvres citoyens. Pour s’en rendre compte, il suffit d’essayer de construire un gîte. On est face à un lobby insurmontable. Avec la bénédiction des responsables municipaux, certains fonctionnaires font tout pour s’imposer. Ils se substituent aux architectes en procurant des plans aux citoyens, se chargent d’intercessions pour leur approbation auprès des services provinciaux compétents, moyennant récompense. Et si vous tentez de les contourner, gare à vous ! Votre dossier risque d’être rejeté», se déchaîne-t-il. B.A, sympathisant usfpéiste, qui vient se joindre à la campagne électorale de son parti, vilipende un autre aspect de l’incurie générale dont fait montre l’équipe sortante. Il nous montre un coin de la place Moulay Rachid au centre ville qui vient d’être goudronné. «Regardez !, Il n’y a même pas deux mois que ce tronçon a été asphalté et voilà que des nids-de-poule apparaissent déjà … N’est-ce pas là dilapidation et gaspillage des deniers publics ?». L’arrivée sur la place d’un cortège de sympathisants des candidats /élus membres du conseil municipal, n’a pas laissé ces derniers indifférents, surchauffés qu’ils étaient par les slogans de leurs adversaires. « Personne ne peut nier les projets de réaménagement que connaît la ville actuellement et qui vont améliorer son cadre », justifie un électeur qui soutient l’équipe sortante. En effet, Tafraout vibre ces derniers mois précédant les élections au rythme d’un grand chantier : Goudronnage des principales artères et entrées de la cité, carrelage des trottoirs, aménagement de plusieurs places. Mais de l’avis des électeurs du clan adverse, les membres du bureau du conseil en font leur cheval de bataille pour redorer le blason de leur triste bilan. Car ces travaux sont plutôt à mettre à l’actif des conseils régional et provincial qui les ont initiés et financés ! Mieux on fait grief au conseil municipal, d’avoir servi sans vergogne les intérêts de l’un des siens en détournant l’un de ces projets. Selon un candidat briguant la circonscription d’Aglagal : « Le conseil avait décidé l’aménagement d’un espace dans la médina pour en faire une place publique de détente. Il a fait alors déménager les marchands de l’orge et dattes qui s’y trouvaient depuis toujours. A l’étonnement de tous, il décida de réaffecter l’usage de cet espace pour servir de parking à l’hôtel d’un élu ! ». Bref, la campagne promet, à l’approche du jour J, des joutes oratoires acharnées ponctuées d’arguments des uns et des autres pour conquérir la confiance des électeurs. Toutefois, à croire les différents candidats appelant au changement, outre l’explication de leurs programmes et les divers sigles aux électeurs et leur incitation au vote, le gros lot du travail qui les attend a trait à la lutte contre les barons de la falsification des élections par le recours à l’achat des voix. Encouragés par la ferme volonté politique qui promet de sévir dans ce sens, « nous nous mobiliserons tous pour barrer la route à ces fossoyeurs de la démocratie, car au cours des échéances électorales précédentes, l’argent sale a toujours eu son dernier mot dans les configurations des conseils qui se sont succédé à la municipalité de Tafraout », conclut un électeur. Mercredi 10 Juin 2009
IDRISS OUCHAGOUR
Libération
Le business des festivalsMaroc - Culture
Musique(188) - festival(59) - Mawazine(3) - Aziz Daki(1) 05/06/2009 10:41:21 - Jeune Afrique- Par : Jean Berry - Le business des festivals Le business des festivals© D.R.
Les événements musicaux fleurissent aux quatre coins du royaume. Et sont autant de possibilités de développement économique et touristique. À Rabat, du 15 au 23 mai, le festival Mawazine a mis les petits plats dans les grands pour accueillir des stars mondiales comme Stevie Wonder, Kylie Minogue, Alicia Keys ou Ennio Morricone… Pour une affiche à faire pâlir les plus grands festivals européens : neuf scènes, neuf jours de concerts pour la plupart gratuits, une centaine de formations, quarante pays représentés et un million de spectateurs. Une énorme machine qui n’oublie pas les artistes du continent : Johnny Clegg, Amadou et Mariam, Khaled, Mayra Andrade ou le rappeur somalien K’Naan entre autres. Une centaine de personnes dans l’organisation (logistique, communication, coordination), sans parler des prestataires techniques (scènes, son, vidéo), de la presse internationale invitée à grands frais… ni des 1 600 billets d’avion émis par Royal Air Maroc pour acheminer à Rabat tout ce petit monde. Montant de l’opération : près de 26 millions de dirhams, soit 2,3 millions d’euros. Une image positive du pays « L’aspect touristique est important. La ville affiche complet tout le week-end. Cette économie de la culture commence à bien fonctionner : tous nos prestataires sont des entreprises établies au Maroc, explique le directeur artistique et porte-parole du festival, Aziz Daki. L’événement donne une image positive du pays, et il est important pour la population de créer une fête, de rompre la monotonie. » En témoignent les dizaines de milliers de personnes qui se pressaient en 2008 aux concerts de Nass el-Ghiwane ou de l’Orchestre national de Barbès. Jazz à Tanger, Rabat et Fès. Musiques urbaines à Casablanca. Artistes amazighs et musiques du monde à Agadir. Arts populaires et cinéma à Marrakech. Musiques sacrées à Fès. Sans compter les festivals de Chefchaouen, Asilah, Azemmour ou Tafraout, ceux de Laayoune et de Dakhla dans le Sahara… La liste s’agrandit chaque année. « Pour notre première, en 1998, on ne venait que par voiture et bus, il n’y avait pas encore d’aéroport », se souvient Neïla Tazi, l’une des fondatrices du Festival gnaoua d’Essaouira, classé par le quotidien britannique The Guardian comme l’une des douze meilleures destinations musicales, qui emploie aujourd’hui vingt-cinq personnes, au sein d’A3 Communication, une agence spécialisée dans les relations presse et la production d’événements culturels. « Le Festival gnaoua a été la preuve qu’une manifestation culturelle peut avoir un impact considérable sur le développement d’une ville, avec d’autres telles que le Printemps musical des alizés, le Festival des Andalousies atlantiques, le festival Jeunes Talents. » Et si les partenaires publics encouragent à hauteur de 20 % le Festival gnaoua, pour le reste, ce sont les entreprises (téléphonie, banques, boisson, hôtellerie…) qui cherchent, en s’associant à ce type d’événement, à se forger une image positive et moderne. Quant à son impact sur le développement de la ville, les chiffres parlent d’eux-mêmes, à tel point que, face aux 500 000 festivaliers qui s’y pressent chaque année, certains en viennent à regretter le bon vieux temps… La cité des Alizés est en effet devenue l’une des destinations touristiques incontournables du pays. Le nombre d’hôtels, riads et maisons d’hôtes est passé de 9 à 157 en dix ans. Idem pour les restaurants (de 7 à 62), les cafés (de 17 à 147) et les associations, qui sont aujourd’hui plus de 450. Des passerelles avec le monde Plus au nord, dans la capitale spirituelle du royaume, la fondation Esprit de Fès chapeaute cinq événements, dont le Festival des musiques sacrées. « Nous cherchons à atteindre notre but : accompagner le développement de la ville à travers la culture, en puisant dans les racines et le patrimoine. Nous souhaitons une animation quasi continue, toute l’année », explique la directrice, Fatima Sadiqi, qui considère que « la culture et le tourisme culturel constituent un véritable moteur de développement durable. » « Les festivals créent des passerelles entre les Marocains eux-mêmes et, pour nombre de ceux-ci, avec le reste du monde », conclut Neïla Tazi. Comme Fès et son Festival de la culture amazighe, Agadir accueille cette année la sixième édition de Timitar, où les grands noms de la chanson berbère côtoient des artistes internationaux. Une dimension identitaire et une preuve, comme les confréries gnaouas, de la pluralité du Maroc : « Timitar est né dans une région à forte identité amazighe, culture dans laquelle la musique a toujours pris une place très importante sur les plans social et économique, mais était assez peu relayée par les médias », constate le directeur artistique, Brahim El Mazned. « Cette dynamique de festivals qui évoluent depuis dix ans au Maroc est extraordinaire, elle trouve son origine dans les grands rassemblements populaires, profanes et sacrés (moussems, souks…). Mais tout cela ne doit pas cacher la nécessité essentielle d’avoir une vraie politique culturelle à l’échelle de l’État et des collectivités territoriales », conclut-il. Ce que ne contrediront pas les agitateurs casablancais du Boulevard des jeunes musiciens, dédié aux musiques urbaines. L’équipe de ce Petit Poucet par le budget (3,5 millions à 4 millions de dirhams, soit entre 315 000 et 360 000 euros) a réduit les ambitions de son festival cette année (du 28 au 31 mai), pour développer un projet de centre de musiques actuelles de 850 m2 au Technopark de Casablanca, avec locaux de répétition, studios d’enregistrement et formations pour les jeunes artistes marocains. Elle fait également partie du collectif d’artistes et d’associations qui vient de se voir confier les anciens abattoirs de Casablanca, soit sept hectares dédiés à une friche de création culturelle, dans différentes disciplines (musique, mode, cinéma…). Ce boom des festivals a encouragé l’éclosion d’une nouvelle scène marocaine très remuante, dans différents styles (rock, hip-hop, fusion), qui se retrouve chaque année au « Boulevard ». Mohammed VI lui-même y prête attention : il gratifiait l’an dernier d’une enveloppe de 250 000 dirhams (23 000 euros) huit groupes de cette nouvelle scène, jugés « prometteurs » et « ayant hissé leurs productions au rang de la créativité ». |
Merci de votre visite !
راوي الجرحwrote:
ما شاء الله جدا رائع السبيس وتنظيم ولا اروع شكراا
راوي الجرح
June 9
akzoulwrote:
tout ce qui concerne sur tafraout et ses regions au maroc
Sept. 14
slemsaleemwrote:
ســــلام
لازلت احب ان اتى واستمع
ســـــــــــــــــــلام
July 19
slemsaleemwrote:
سلام
صفحه جميلهواجمل مافيها
انها تهتم باللغه وتعجبنى الامازيغيه
بالتوفيق
ساضيف هذه الصفحه الى قائمتى
June 11
BaSSaM Al3rabiwrote:
ما شاء الله جدا رائع السبيس وتنظيم ولا اروع شكراا على الوجود الطيب
راح استفيد منك ان شاءالله
June 1
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